WASHINGTON DEAD CATS

Les Washington Dead Cats sont des menteurs ! Ils ne viennent pas de Washington. Lors de mon enquête digne de celles de Sherlock Holmes, j’ai découvert qu’ils hantaient les routes d’Europe depuis 30 ans ! Et que leur repère était plus près des bas fonds parisiens que de la ville américaine ! Ils sont plutôt un phénomène hexagonal, l’un des plus anciens groupes de rock indépendant encore actif.

En revanche ce sont bien des Dead Cats. On dit que les chats ont neuf vies, ceux-là plus encore. Avec une dizaine d’albums entre leurs pattes, ils se renouvellent sans cesse, évoluent, surprennent et donnent des coup de griffes dans les tendances à la mode. Leur insatiable envie de suivre leur chemin en fait sans doute le groupe le plus “cool“ et le plus crédible de l’hexagone.

Mais c’est sans doute le pouvoir de la “Creole moon“. Leur nouvel album “Under the creole moon“, enregistré au Studio Las Vedas de Montpellier, témoigne de leurs in uences diverses, de leur créativité et de leur capacité à renaître de leurs cendres, sacrés Dead Cats !

L’album s’ouvre par “Give me back my broken heart“ une chanson punkabilly moderniste aux riffs de cuivres ef caces : nous sommes là en territoire de prédilection des Washington Dead Cats. Ils enchaînent par les cris de guerre de “Only vinyl is cool“, qui vante la supériorité romantique du vinyle. Il est vrai que Mat Firehair, leur chanteur, les collectionne. Et là le rockabilly devient un mélange d’Elvis sous acide et de Jello Biaffra teenager. Avec “Oumamama“, qui a donné un premier single, c’est un mélange de B52’s garage et de surf à la Trashmen où le groupe s’amuse sans complexe de ses références, et nous amuse.

L’album mêle les mondes musicaux les plus differents, toujours en harmonie avec la lune créole. En témoigne la balade “Red Hair girl with a blue dress on“, qu’un Chris Isaak plus voyou séjournant chez Calexico ne renierait pas, ou bien "I've got to get you“, avec son break au theremin, sans doute le morceau le plus punk capable de faire pogoter les plus réticents.

La suite ne déroge pas à la règle : une énergie intacte, un son puissant, des musiciens confirmés et une voix de Caruso psychotique.

Le rockabilly moderne de “Love me or leave me“ ou la country sombre de “The Darkness inside of me“, rien ne les arrêtent. Même une valse, “Give me some Booze“, que Nick Cave ne renierait pas. Leur second degré les rattrape avec le terrifant “Fu Manchu“ à l’ambiance cryptique, à la gloire du héros de Sax Rhomer.

Comme à leur habitude, “les Wash“ (pour les intimes) mêlent avec fraîcheur les genres les plus inattendus sans jamais tomber dans le catalogue de styles. Leur expérience et leur maturité (30 ans de carrière) leur donne cette maîtrise de l’éclectisme.
Ces chats là restent aventureux comme des félins malins. Les chats ont neuf vies et les Dead Cats plus d’un tour dans leur sac !